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    La jalousie

     

    La jalousie en amour

    Très clairement, la jalousie en amour n'est QUE l'expression d'un bon gros manque de confiance en soi, ou alors c'est parce que nous savons pertinemment que la relation que nous vivons n'est pas viable.

    Avoir confiance en son partenaire, c'est LE SEUL MOYEN pour qu'une relation soit saine et qu'elle puisse se développer et donner une magnifique histoire d'amour.

    Lorsque l'on n'a pas confiance dans son partenaire et que l'on développe souvent un sentiment de jalousie, deux possibilités donc :

    • 1 / Nous manquons de confiance en nous : nous avons peur que si notre partenaire voit quelqu'un d'autre, discute avec d'autres personnes, noue des liens avec d'autres gens, cela puisse nuire à notre relation. Mais si nous réfléchissons bien, un partenaire qui nous trompe à la première occasion... n'en vaut absolument pas la peine ! Alors, soit on décide de lui faire confiance, parce que c'est la seule solution pour qu'une belle relation puisse s'épanouir un jour, soit on est jaloux(se) et là, rien de bon ne pourra naître de cela de toute façon.

     

    • 2 / Nous avons un mauvais pressentiment à propos de notre relation et nous ne voulons pas l'admettre : la jalousie est alors presque logique... mais est-ce que cela vaut la peine d'en arriver là, alors que l'on sait au fond de soi que la relation en question ne va mener nulle part ? Nous avons déjà la réponse et la solution en fait ;-)

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    En conclusion :

    jalousie amicale, professionnelle ou amoureuse, quelle qu'elle soit...

    oubliez, c'est vraiment le cancer de toute relation ! 

     

    Définitions

     

     

    La jalousie est un désir de possession exclusive, une crainte d'être trahi.

     

    La jalousie est une émotion empreinte d'agressivité envers une personne dont on se figure, à tort ou à raison, qu'elle possède quelque chose que l'on n'a pas et que l'on désire.

     

     

    La jalousie est un sentiment d'inquiétude susceptible d'aboutir à un véritable tourment, des douleurs de la part de quelqu'un qui éprouve le désir de posséder de manière exclusive envers une personne désirée et craignant éventuellement une infidélité, une trahison. 

     

    Ce sentiment de dépit mêlé d’envie, est le résultat de ce qu'un autre obtient ou ce que l’on aurait voulu obtenir ou détenir.

     

    La jalousie est le plus souvent le résultat, parfois imaginaire, de la crainte que l'être aimé choisisse et préfère quelqu'un d'autre.

     

    Généralement la jalousie va de pair avec la frustration, la passion, la colère et bien entendu une angoisse accompagnée de douleurs et de souffrance.

     

     

    La jalousie est toujours liée à la convoitise,

    et résulte souvent de la crainte.

     

     

    Elle est fondée sur ce mensonge :

     

    « posséder pour être ».

    S'il existe un sentiment naturel d'avoir peur de perdre l'autre ou d'être abandonné au profit d'une autre personne, il est possible de se questionner sur la valeur du sentiment amoureux par rapport à la notion de jalousie et s'il est possible de distinguer les deux concepts.

     

    Comme l'écrivait Cervantès 

    la jalousie est le tyran du royaume de l'amour.

     

    La jalousie peut éventuellement provenir de la notion de propriété sans toutefois la confondre avec le besoin de dominer l'autre et d'avoir une ascendance sur lui.

     

     

    Dans ce cas la jalousie serait éventuellement le reflet de la disposition de l'autre à propos duquel on ne supporterait pas le partage.

    Trois formes de jalousie

     

     

    D'après une étude canadienne la jalousie se situerait au deuxième rang des difficultés les plus importantes parmi 37 situations conjugales.

     

    Certains spécialistes en psychologie estiment qu'il existe trois formes de jalousie 

     

     

     - La jalousie existentielle qui semblerait être bénéfique à celui qui souffre de jalousie.

     

    En effet, il serait souhaitable que le jaloux se serve de son expérience afin de mieux se connaître, ce qui lui permettrait au final de développer sa propre personnalité.

     

     

    - La jalousie névrotique qui elle fonctionne selon un processus compulsif au cours duquel le jaloux ne peut s'empêcher d'être jaloux.

     

    La jalousie névrotique se caractérise essentiellement par une obsession au cours de laquelle le jaloux pense sans cesse mais n'est pas pour autant violent.

     

    - La jalousie psychotique représente quant à elle une véritable pathologie, au sens maladif du terme,

    et surviendrait chez certains individus de type paranoïaque.

     

    La jalousie psychotique se caractérise par une méfiance, une certaine susceptibilité et un orgueil.

     

    Au cours de la jalousie psychotique le jaloux est susceptible de devenir violent via un harcèlement constant.

     

    Autrement dit la jalousie pathologique est une forme de paranoïa exacerbée par un partenaire facilement culpabilisé ayant la caractéristique de manquer de confiance en lui et cherchant à se justifier.

     

    Ce type de morbidité est susceptible d'évoluer vers un développement de la jalousie de manière chronique. 

    Jalousie ou possessivité ?

     

    Qui pour soi-même voire dans son entourage n’a pas utilisé ce mot « jalousie » à l’adresse de quelqu’un ? 

     

    On confond souvent jalousie et possessivité, qui sont deux concepts bien distincts :

     

    - La jalousie appartient au domaine de la névrose, elle est une angoisse sur la fidélité de l’autre.

     

    - La possessivité, névrose également, correspond au besoin d’appropriation de l’autre. 

    La différence tient essentiellement dans ce que la jalousie est une projection, alors que la possessivité tient plus d’une problématique à la mère récurrente dans sa relation avec autrui.


     

    La jalousie est une angoisse

     

     

    Mettons en scène un couple : un mari, une femme... Postulons un mari jaloux...

     

    Autrement dit chaque occasion est l’objet pour celui-ci d’une théâtralisation d’événements... Il imagine sa femme dans d’autres bras, avec un amant...

     

    Chaque regard qui se porte sur elle donne lieu à

    des “scènes de jalousie” :

     

    “pourquoi il te regarde ainsi ?

     

    qu’est ce que tu lui as fait pour le provoquer ?”,

     

    les exemples ne manquent pas et je pense que chacun peut en trouver de par son propre vécu.

    La jalousie consiste donc à imaginer des situations, des relations, des comportements de l’être aimé avec d’autres personnes.

    La jalousie est une projection de désirs inconscients

     

    Tout ce que le “jaloux” attribue à l’autre n’est que projection d’un propre désir inconscient.  

     

    Le mari jaloux, pour reprendre notre exemple, est en fait en proie à des désirs inconscients “d’infidélité”...  

     

    Ces désirs dans le cadre de la pulsion sont tout à fait fréquents et “normaux”, il ne faut pas confondre :

     

    désir et réalisation du désir...

     

    Mais cette pulsion inconsciente est insupportable... de par son mode de fonctionnement conscient, éducation, etc.

     

    Rendre conscient une telle pulsion par une forme directe apporterait une angoisse et un traumatisme où l’être en question ne pourrait “vivre avec”.

     

    La solution qui s’ouvre à lui reste donc la projection : je projette mes propres désirs inconscients sur l’autre.

    Finalement tout ce qui est attribué à l’autre est le reflet d’une pulsion propre à soi même.

    Il n’existe pas une jalousie mais des formes multiples de jalousie qui se matérialisent pour notre mari jaloux par des projections de type :

     

    infidélité de l’autre à différents degrés, du simple regard porté sur un autre au passage à l’acte en passant par de nombreux autres débordements d’imagination.

    Etre deux à s'entendre

     

     

    Accepter cette idée de projection n’est pas évidente. Le mari jaloux niera cet état de fait, ne peut admettre que ce soient ses propres désirs qu’il approprie à l’autre. Pourtant la démarche ne peut être que stabilisante au niveau du couple.

    En effet la jalousie est souvent associée au qualificatif “trop”. 

     

     

    “Mon mari est trop jaloux, ma femme est trop jalouse,

    il (elle) me rend la vie impossible”.

     

    Et il n’est pas rare d’en arriver à voir des relations se dégrader voire se rompre pour de “la jalousie”.

    Le dialogue permet la réflexion sur soi-même, certes il n’apportera pas les réponses d’un domaine inaccessible mais il permet l’apparition de la tolérance.

     

    Savoir ce qui appartient réellement à l’un ou à l’autre est indispensable.

    Cheminer vers “pourquoi ai-je besoin d’être jaloux ?” puis “pourquoi ai-je ces désirs que j’attribue à l’autre ?”

     

    permettent bien souvent d’améliorer son rapport à l’autre et souvent soulève d’autres questions qui finalement n’avaient aucun rapport avec un “désir d’infidélité”.

    On ne peut “aider” quelqu’un si la demande ne vient pas de l’autre. On ne peut être aidé malgré soi.

     

    L’homme ou la femme jaloux(se) exprime une angoisse, c’est elle qu’il faut entendre et non pas les mots exprimés qui la traduisent d’une manière déformée.

     

    Car il ne faut pas s’y méprendre, être jaloux fait souffrir l’autre mais surtout celui a besoin de cette projection vers l’être qui lui est le plus cher, l’être aimé, sa raison d’être.

    Jalousie et délivrance

    Entre soupçons et inquiétudes, la jalousie est aussi accompagnée d’un esprit de mort ;

     

    l’intérêt exclusif porté par un jaloux délirant à son rival, réel ou supposé, amène à évoquer une homosexualité latente.

    La projection du désir inconscient du jaloux en fait une proie de ses propres désirs inconscients : par exemple l’infidélité ou la l’impureté.

     

    Finalement, tout ce qui est attribué à l’autre est le reflet d’une pulsion propre à soi-même.

    Si une personne est « habitée » par des démons transgénérationnels de mort, de rejet, d’impureté, d’adultère, d’inceste, de rébellion, de jalousie….

     

    cette même personne va projeter tous les « désirs » des démons intérieurs qui l’habitent et qui vont s’exprimer

    au-travers de sa vie. 

     

    La délivrance intervient pour libérer cette tyrannie démoniaque qui vient de l’héritage familial et de ses propres péchés venant eux-mêmes des démons qui sont à l’intérieur se sa vie.

    Les émotions qui sont le produit de nos pensées, peuvent être  la conséquence de ces « présences » intérieures  qui ne font que nous utiliser et s’exprimer par notre intermédiaire : Satan n’ayant plus aucun pouvoir sur la terre, va utiliser cette stratégie ou ces structures iniques pour établir son royaume en nous et autour de nous.

    D’où vient la jalousie ?

    Il semble que l’humanité souffre de profonde jalousie. Souffrons-nous de jalousie ?

    Ismaël (premier né –plan B), l’Eglise (fille ainé), Caïn et Abel, Esaü et Jacob, Joseph et ses frères, David et Uri, et sa place dans la famille….

    La tradition des familles : l’ainé reçoit l’héritage et le pouvoir, et provoque de la jalousie.

    Marthe et Marie : deux sœurs dont l’une est jalouse de l’autre.

    D’où vient la jalousie ?  De Satan qui a jalousé Dieu et fait entrer dans le cœur de l’homme cette envie. C’était le problème de Satan : il a envié Dieu. Adam et Eve ont été punis parce qu’ils ont surtout désiré accéder à la grandeur de Dieu.

    La jalousie ouvre la porte à la rébellion : cela remet en question la souveraineté de Dieu, son autorité. La notion de l’autorité est remise en question par une forme de rébellion.

    La jalousie peut être déclenchée par le sentiment de rejet et cette émotion ouvre la porte à toute une sorcellerie qui comme un coup d’état spirituel, va prendre le contrôle de la situation ou de la personne. Elle n’est au final, qu’une autorité illégitime qui permettra à cet esprit de contrôle d’avoir un pouvoir illégitime sur la personne ou sur la situation.

    De qui ou quoi pouvons-nous être jaloux ?

    - De son prochain : (tu aimeras ton prochain comme toi-même)
    - De son Père (égoïsme d’une père peu rendre jaloux) ou d’un autre père
    - De sa mère (préférence pour un frère ou une sœur) ou d’une autre mère
    - De son origine (arabe ou juif) ou d’une autre origine : la jalousie des juifs pour être le peuple élue !
    - De sa place dans la famille comme dernier au lieu d’être l’ainé ou inversement : voir le fils prodigue !
    - D’une situation (peur de perdre la situation) ou désir de l’avoir pour soi), de la situation de l’autre.
    - De sa femme (peur de la perdre) ou de ce qu’elle est (désir de contrôler ou de la posséder). 
    - De son patron (désir d’être à sa place) ou (peur de perdre sa place auprès de lui).
    - De ses biens, de sa maison, son chien…

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  • La Communication

      

    Nos deux cerveaux et nos deux langages ?

    Quels sont les rapports entre l'analogique et le numérique et

    nos deux hémisphères cérébraux ?



    De nombreux travaux ont été effectués ces vingt dernières années sur la spécialisation des hémisphères cérébraux (H. Sperry, H. Gordon, M. Gazzaniga).

    Il en ressort que chaque hémisphère possède son propre mode de fonctionnement ainsi que ses domaines de compétence.

     



    L'hémisphère gauche est la plupart du temps, chez les droitiers, l'hémisphère dominant (les hémisphères cérébraux sont contre-latéralisés, c'est-à-dire que le gauche contrôle la partie droite du corps et inversement).

    Il a pour principale fonction de traduire les perceptions en représentations logiques, sémantiques et phonétiques.

    C'est l'hémisphère de la pensée linéaire, du langage, de l'écriture et de l'arithmétique et, de façon générale, de la communication digitale.

     


    Ses fonctions correspondent à peu près à ce que la psychanalyse nomme les processus secondaires.


    L'hémisphère droit est d'un fonctionnement bien différent. II est spécialisé dans la perception globale des situations.

    C'est lui qui est en oeuvre lorsque nous sommes capables de saisir immédiatement un modèle ou une totalité complexe, autrement dit c'est le siège de l'intuition.

     

    Cet hémisphère est aussi le principal lieu de l'expérience sensorielle et émotionnelle.

      

    Dans la communication, c'est le radar que nous utilisons pour cerner intuitivement nos interlocuteurs.

    Son fonctionnement est principalement inconscient.


    Il a parfois été qualifié de silencieux car sa capacité linguistique est archaïque et limitée. Bien que son langage ne soit pas celui de son « frère »,

    dont il n'a pas la compétence grammaticale, syntaxique ni sémantique, il possède le sien propre, qui est éloigné de la logique de l'hémisphère gauche, et repose plutôt sur les associations de sons, les ambiguïtés et les jeux de mots, la confusion entre sens littéral et sens métaphorique, les raccourcis de type « coq à l'âne » et autres déductions illogiques.


    Les deux hémisphères sont bien moins différenciés dans l'enfance qu'à l'âge adulte, et les premiers modes de pensée auxquels accède l'enfant sont ceux du cerveau droit, le cerveau gauche ne devenant pleinement opérationnel que plus tard.

      

    Les fondations du modèle du monde d'une personne sont donc vraisemblablement rassemblées dans cet hémisphère :

     

    ses premières perceptions de ce qui l'entoure, ses conclusions sur sa valeur et ce qu'elle peut attendre de la vie, prises sur la base de modes de pensée irrationnels et d'une compréhension limitée du langage, sont le fait de cet hémisphère et y demeurent chez l'adulte.

     

    C'est aussi dans cet hémisphère que se trouvent les apprentissages qui, lorsqu'ils ont été suffisamment renforcés, deviennent automatiques et y sont stockés sous forme d'informa­tions de routine.

    Dans notre cadre de pensée, inconscient et cerveau droit sont pratiquement synonymes.


    Cognitivement, l'hémisphère droit est également mieux armé en ce qui concerne la perception de l'espace et le sens musical.

     

    C'est un spécialiste de la communication analogique.

    Les fonctions qui le caractérisent équivalent à ce que la psychanalyse appelle les processus primaires.

    Là, où l'hémisphère gauche saura distinguer un arbre après l'autre sans pour autant voir la forêt, l'hémisphère droit verra la forêt sans voir l'arbre.

    Dans un fonctionnement mental optimum, ces deux hémis­phères communiquent entre eux et fonctionnent en collabora­tion. Cette connexion est assurée anatomiquement par le corps calleux qui relie l'une et l'autre partie.

     



    En résumé:

     


    L'hémisphère droit est plutôt artiste. Perçoit globalement. Il est plutôt intuitif. 
     

    L'hémisphère gauche est plutôt rationnel et analytique.

     


    L'un et l'autre doivent travailler en collaboration et s'échanger leurs informations. Si elles sont contradictoire, l'hémisphère gauche devra ou trancher ou lâcher prise et laisser faire l'hémisphère droit.


    A priori, rien ne permet de dire qu'un hémisphère a raison préférentiellement.

     

    Seule une comparaison des données recueillies par l'un et l'autre permet de s'y retrouver.

     

    sources

    D.R. 

     

     

     

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    accès détention Maison Centrale de Poissy

     

     

    Après ma vie de détenue: Solitude

    Ancienne détenue de la prison de Sequedin

     

     

     

     

    J'ai vécu trois mois en détention en ne voyant qu'un petit nombre d'individus et chacun peu de temps, je croyais être privée des mille spectacles de la variété humaine, des vices, des vertus, des beautés, des laideurs d'une incroyable diversité qui émaillent la foule au dehors.



    Mais ici je me suis aperçue que chaque femme est un microcosme, qu'il suffit d'en considérer une pour les retrouver toutes et qu'on pourrait même n'en voir qu'une.

     

    Car c'est en soi qu'on découvre peu a peu tous les aspects qui semblaient particuliers à d'autres.

     

    Sans doute est-ce un des miracles de la solitude que de vous rendre clairvoyante, en concentrant les caractères ignorés jusque là sur votre attention et sur les rares visiteurs, de vous révéler dans le grouillement de la vie quotidienne, on ne voyant en chaque être que le trait essentiel. Le plus visible.

    On méconnaissait tous les signes secondaires. Une pareille clairvoyance vous échoit sur vous-même; tout au long d'une journée de réclusion, au fil de le pensée on découvre en soi avec surprise mille réactions qu'on se croyait les plus étrangères, qu'on observait sans les comprendre chez nos congénères de fortune. Il n'est plus guère de sentiments qui vous restent inaccessibles, plus de portes secrètes qui ne s'ouvrent devant la rêverie. Peut être la solitude développe-t-elle tout les traits de l'humanité, aide-t-elle a devenir un monde clos à soi seul, et par une sorte de self-défense de protection contre ses propres dangers, procure-t-elle des armes et des ressources nouvelles, comme ces animaux des grandes profondeurs marines, ou de la jungle sauvage, qui possèdent des organes plus développés que leurs semblables des contrées privilégiées.

    Le plus grand danger pour la détenue serait de se fatiguer de soi-même, de ne plus pouvoir se supporter. Il faut à son être intime une variété nouvelle pour se donner le change. Une loi mystérieuse y pourvoit. Ainsi jamais ne pourra-t-ont être vraiment seul, récompense ou punition?

    On ne peut se délivrer de l'humanité toute entière qu'en se délivrant de soi même par la mort...

     

    La femme s'arrête et nous fait face, on la regarde passionnément.

     

    Elle est toute différente de ce qu'on imaginait , nous révèle des traits insoupçonnés, qui nous ravissent et nous navrent tout a tour.

     

    Et c'est soi-même qu'on contemple avec des yeux nouveaux...

     

     

    Mère de famille de cinq enfants, Josina Godelet a été emprisonnée trois mois à Sequedin et a raconté cette expérience terrible dans un livre, publié aux éditions Edilivre, disponible ici :

    http://www.edilivre.com/journal-de-bord-d-une-detenue-1e636d5cb6.html#.U2DLMPl_vTp.

     

     

     

     

     

     

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  • LIENS INVISIBLES

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    La victime d’un pervers narcissique (ou d’une perverse narcissique car, ne l’oublions pas, cette déviance ne concerne pas que les hommes) ne peut s’en détacher, même lorsqu’elle est consciente de ce qu’elle vit, et de ce qui l’attend.

      

    Elle ne peut s’en détacher, et quand elle y arrive, les liens que le ou la PN lui a passés autour des poignets et plus exactement autour de sa vie toute entière, la victime n’arrive pas à les couper.

     

    Même sous l’emprise de la peur et de la honte, la victime se sent encore vivante tant que les liens existent ; les faire disparaître, si elle le pouvait, serait pour elle comme mettre un terme à son existence;

     


    En effet le ou la PN a réussi à couper sa victime de tout son entourage.

      

    C’est donc le plus souvent dans un état de solitude mentale ou réelle qu’elle se retrouve, ne sachant ni à qui parler, ni vers qui se tourner.

     

    Mettre le monstre à distance, c’est également rompre avec le dernier contact qui semble à la victime encore “humain”.

     

    Le ou la PN le sait. Il s’en sert, desserrant ou resserrant les liens en fonction des ses humeurs, de ses besoins.

      

    Quand il sent que la victime est bien ferrée, il saura se montrer plus tendre.

      

    Il en fera de même lorsqu’il aura été plus violent, physiquement ou psychologiquement, que la veille.

      

    Le refus de voir sa victime le fuir tout comme l’angoisse inconsciente et infantile de se retrouver seul le rendent alors plus tolérant, plus généreux.

      

    En apparence.

      

    La méfiance de la victime se met en veille. Elle est moins prudente ; elle veut faire renaître un sentiment, amoureux, auquel elle croit.

      

    Elle se sent responsable non seulement des colères, des monstruosités qu’elle supporte, mais elle se sent également injuste et égoïste en pensant qu’elle souffre et que l’autre en est la cause.

     

    Le ou la PN met entre sa victime et lui (elle) un miroir déformant, dans lequel il apparaît idéal et sa victime monstrueuse.

    ©ALB

     

    https://harcelementmoral.wordpress.com/category/comportements-actes-violence-perverse/

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    Hystérie masculine

     

     

     

    Diagnostic plus rare mais la structure est fréquente.

     

     

     

    Clinique

     

     

     

    On note 4 motifs de consultation.

     

     

     

    1/ Manifestations anxiophobiques.

     

    2/ Troubles de la sexualité.

    - Impuissance : phénomène le plus souvent observé chez l'hystérique homme, avec grande difficulté de passage à l'acte. La confrontation avec la femme, vécue en termes de castration, interdit le passage à l'acte. Il y a renoncement devant l'idéal de vérité qu'il se sent devoir égaler. L'identité sexuelle n'est pas acquise. Le patient vit un problème de "normalité" par rapport au sexe.

    - Masturbation : dissimulée et à thèmes lesbiens. Sensation de culpabilité très riche sur le plan fantasmatique. Trouble de la personnalité, masturbation devant la glace.

    - Doute sur l'identité sexuée : "ne serais-je pas homosexuel ?"

     

    3/ Syndrome d'échec...

    ... et ses compensations, une fois le patient confronté à l'indépendance.

    - L'hystérique homme va prendre le médecin à témoin de son malheur. La réussite professionnelle est bien supportée mais quand elle est acquise, le patient risque de faire une décompensation anxieuse ou dépressive. Il pourra aussi y avoir une intolérance à la réussite. On observera parfois l'emploi de toxiques mineurs (amphétamines, barbituriques, alcool) pour l'aider à assumer le rôle d'homme, pour donner le change.

     

    4/ Crises de nerf, malaises.

    - L'homme montre à un entourage choisi qu'il n'est pas comme un homme.

     

     

     

    Personnalité hystérique masculine

     

     

     

    conduites sexuelles

     

     

     

    On observe l'éviction parfois totale des rapports sexuels, avec prétextes moraux. La femme est interdite, car "trop bien" ou "pas assez". Il y a une rationalisation qui permet de ne pas se confronter au sexe opposé. Il y a aussi l'impuissance partielle ou totale, le donjuanisme réel (rare) et les récits donjuanesques (fréquents, que ce soit par rapport au passé ou dans l'avenir).

     

     

     

    Attitudes de remplacement

     

     

     

    - Masturbation

     

    - Quête de virilité

     

    - Quête homosexuelle non agie

     

    - Quête d'amitié masculine dont le choix porte sur un homme qui a ce qu'il n'a pas, quelque chose de plus dont il croit manquer.

     

     

     

    Comportement social

     

     

     

    Séduction forcée. Quitte à en souffrir, l'hystérique homme fera le pitre pour être accepté.

     

     

     

     

     

    Hystérie masculine de conversion

     

     

     

    Troubles paroxystiques

     

     

     

    Avec agitation, pleurs, hurlements, crises de nerf...

     

     

     

    Manifestations psychiques

     

     

     

    Avec observation de

     

    - Dépressions, TS.

     

    - Alternance exaltation/morosité.

     

    - Toxicomanies mineures.

     

     

     

    Manifestations génitales

     

     

     

    - Névrose hystérique derrière un certain nombre de névroses traumatiques.

     

    - Symptomatologie hystérique dans les suites d'une intervention chirurgicale vécue comme coït sadique.

     

     

     

     

     

    Grands éléments de diagnostic (homme et femme)

     

     

     

    L'hystérique passe son temps à donner le change, au somaticien comme au psychiatre. Il y aura ainsi des signes empruntés au somatique (paralysies, troubles viscéraux...) et d'autres empruntés à la lignée psychiatrique (dépersonnalisation, hallucinose...).

     

     

     

    Diagnostic positif

     

     

     

    Il va se faire sur le jeu de l'attraction et de la répulsion. Le patient hystérique ne se comportera pas en malade ("je n'ai pas demandé à vous voir"), ou alors se comportera en malade pour mieux "castrer" le médecin (le patient invite le médecin à déployer sa puissance pour lui en montrer l'inefficacité). Il y a incompatibilité entre ses deux espoirs, être aimé et être entendu.

     

     

     

    Diagnostic différentiel (avec les autres névroses ou les psychoses par exemple)

     

     

     

    - avec les névroses phobiques, et les névroses obsessionnelles, il s'agira d'apprécier les composantes de la personnalité;

     

    - avec l'anorexie mentale;

     

    - avec les pervers. Chez l'hystérique il existe toujours une angoisse et une culpabilité faciles à constater;

     

    - avec les psychoses de l'adulte. Des psychotiques peuvent avoir des manifestations pseudo-hystériques (théâtralisme, conversion...) mais on note la différence dans leur angoisse psychotique, dans l'activité délirante, ou encore dans la bizarrerie. A contrario, certains hystériques auront des élans pseudo-psychotiques (dépersonnalisation, hallucinose, mythomanie...). Il faudra faire attention à la qualité de la relation, évocatrice de la névrose hystérique. On observera ainsi chez l'hystérique des différences de comportement suivant que le soignant est un homme ou une femme... Le diagnostic sera plus précis suivant l'évolution et les contacts ultérieurs. Le patient hystérique a une capacité à nous séduire pour mieux nous castrer. Le patient psychotique n'a pas de distinction aussi prononcée entre son corps et le monde.

     

     

     

     

     

    Évolution

     

     

     

    Tous les hystériques évoluent au contact du milieu médical. On observe alors:

     

    - Disparition des symptômes (très révélateur de l'hystérie);

     

    - Confinement de l'existence. Les patients hystériques finissent par ne plus sortir de chez eux.;

     

    - Sublimation dans les métiers d'infirmiers, dans le service social. C'est le "dévouement" de l'hystérique;

     

    - Refoulement. Mécanisme de défense dans une hyper-consommation médicale. C'est un langage par le corps et non un langage du corps.

     

     

     

     

     

    Psychodynamique

     

     

     

    La névrose obsessionnelle utilise le déplacement et l'isolation, tandis que l'hystérie utilise le refoulement.

     

     

     

    Le refoulement

     

     

     

    Avant d'être un moyen de défense, c'est un mode de fonctionnement structural du psychisme. Le refoulement articule l'ordre primaire de l'inconscient au système secondaire Conscient/Préconscient.

     

     

     

    La théorie freudienne distingue 3 dynamismes.

     

     

     

     

     

     LE REFOULEMENT CHEZ L'HYSTÉRIQUE - SCHÉMA

    Refoulement originaire

    Sur les représentations de la pulsion. Il est constitutif de l'inconscient.

    Refoulement proprement dit

    C'est l'attraction par le refoulé originaire, et la répulsion par les instances de censure.

    Retour du refoulé

    Symptôme, rêve...

     

    Syndrome de conversion

    Dans l'hystérie on a une intensité particulière des retours du refoulé, et notamment dans les syndromes de conversion.

     

     

     

     

     

     

     

    L'hystérie n'est pas langage du corps mais langage par le corps. Un message est "gelé" dans ce corps. A singer l'hyper féminité, l'hystérique femme montre qu'elle ne l'est pas tant. Elle ne montre pas son corps femme mais les questions qui utilisent son corps comme langage. Ce corps ne peut pas être utilisé pour le désir et le plaisir. L'hystérique femme se défend d'avoir un corps désirable, pénétrable. Elle en fait un mode d'expression, et non-pas le lieu de désir ou de jouissance de l'Autre.

     

     

     

     

     

    La castration

     

     

     

    C'est autour d'elle que s'articule la problématique hystérique. La castration est un des fantasmes originaires, une structure fantasmatique inconsciente.

     

    - Au départ : garçon et fille sont l'Objet de l'amour narcissique de la mère, occupant la place du phallus.

    - Abord de l'Oedipe : le garçon découvre son insuffisance à son ambition. La fille découvre son manque réel à la prétention phallique. Ce manque se re-traduit en terme de stratégie du désir.

    - Entre garçon et fille : le garçon doit assumer le deuil symbolique du père "phallophore", du père "désirant" dont le désir est l'objet du désir de la mère. La fille doit accepter le fait que le manque en la mère est l'objet du désir du père, et que la mère, désirant le désir du père, trouve en lui ce qu'elle n'a pas totalement.

    - Le garçon : il n'est pas sans savoir, et doit assumer le deuil symbolique du phallus pour accepter son pénis tel qu'il est.

    - La fille : elle ne manque en fait de rien, et assumera la perte du phallus dans la mère en découvrant qu'elle a en elle ce quelque-chose qui, n'étant rien, sera le lieu du désir de l'autre.

     

    L'hystérique ne peut suivre cette dialectique, et reste prisonnier de la quête phallique et de la bisexualité originaire.

     

     

     

    L'homosexualité

     

     

     

    Il y a un grand investissement libidinal homosexuel chez l'hystérique, avec des fantasmes lesbiens accompagnant la masturbation de l'hystérique homme. C'est ici une mise en scène de l'homosexualité sans phallus. Questionnement sur la nature du sexe de la femme. La femme, c'est l'Autre, celle à égaler à condition de savoir ce que l'homme peut bien y désirer.

     

    L'hystérique, dans son narcissisme phallique reste tributaire des mécanismes d'identification imaginaire pour aborder la question de la différence des sexes: identification à l'homme, participant à son désir pour chercher la femme en son mystère.

     

    L'hystérique est malade de sa bisexualité et reste perplexe entre ses identifications masculine et féminine.

     

     

     

    Le narcissisme

     

     

     

    Bien que les hystériques subissent des dépressions névrotiques et que le vécu dépressif soit toujours près à apparaître, la problématique est d'abord celle de la castration, et ensuite celle de la souffrance narcissique (le narcissisme est l'investissement libidinal de l'image du corps). L'hystérique est très dépendant de ses Objets, et se déprime devant toute déception relationnelle. Ses Objets sont des compléments phalliques (petit ami ou petite amie "dans le vent"). Remarquons l'incapacité pour l'hystérique de mentaliser son agressivité sadique orale, en liaison avec les aspects prégénitaux de sa fixation libidinale.

     

     

     

     

     

    Traitement

     

     

     

    - La psychanalyse ne peut pas être proposée systématiquement. Cependant le patient hystérique est capable de transfert sur le thérapeute pour rejouer toute sa problématique infantile.

     

    - Il faut entendre le symptôme comme une demande.

     

    - Ne pas se laisser prendre au piège de la demande, symptôme du désir de l'hystérique d'avoir un désir insatisfait.

     

    - L'hystérique doit pouvoir en retirer un bénéfice secondaire, sinon il partira.

     

    - Les médicaments sont inopérants, sauf l'effet placebo pour les états de crise. Dans les phases aiguës, lors de décompensation anxieuse ou dépressive, les antidépresseurs vont corriger les troubles biologiques.

     

    - Il faut remodeler le réinvestissement narcissique, faire des psychothérapies à rythme lent, sans interprétation et non-directives, pour passer le cap. Ne pas tomber dans la problématique de son corps, lors par exemple d'examens cliniques.

     

    - Risque de rejet de la part du personnel soignant car il revit des choses homosexuelles.

     

    - Attention : l'hystérique parvient parfois, à force d'obstination, à se faire opérer, ligaturer les trompes par exemple. C'est inconsciemment l'assurance de n'avoir jamais d'enfant du père. La patiente hystérique se punit de quelque chose qu'elle n'a pas fait. Seul le désir est coupable.

     

     

     

     

     

     

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    les mécanismes de défense

     

     

     

     

     

     

     

    Définition

     

     

     

    Un mécanisme de défense est un processus de défense élaboré par le Moi sous la pression du Surmoi et de la réalité extérieure, et permettant de lutter contre l'angoisse. Il en existe plusieurs.

     

    Ces mécanismes psychiques préservent le Moi et le protègent aussi des exigences pulsionnelles du ça. Mais ce dont le Moi se protège en priorité, c'est de l'angoisse.

     

    Par exemple, une représentation inconsciente va être incompatible avec les exigences du Surmoi. Cette représentation inconsciente du ça apporte du plaisir mais provoque aussi du déplaisir. Le Moi, pour se défendre contre cette représentation, va utiliser divers procédés que l'on réunit sous le terme de "mécanismes de défense du Moi".

     

    ça, Moi et Surmoi sont des instances psychiques.

     

     

     

     

     

    Rappels

     

     

     

    - La psychose : c'est une affection mentale résultant de frustrations précoces, c'est à dire avant la fin de la première année de la vie, et pré-formant le Moi de manière psychotique. Ce ne sera qu'à la puberté, quand le sujet aura vécu des expériences autres, que l'on pourra parler de psychose établie ou non, suivant que ces expériences auront été réparatrices ou non. C'est ainsi que la schizophrénie ne se déclare que vers 16 à 20 ans.

     

    - La névrose : concerne les conflits d'ordre Oedipien, réactualisés à la puberté. Ce sera l'hystérie et la névrose obsessionnelle principalement.

     

     

     

     

     

    Protections autistiques

     

     

     

    L'enfant est très tôt confronté à la peur de mourir. Il s'accroche à la vie au moyen de protections psychiques élémentaires. Ce sont ses premiers "mécanismes de défense".

     

    1. Démantèlement. C'est un mécanisme passif qui consiste à faire en sorte que le Moi précoce soit suspendu, qu'il cesse d'exister. Les manifestations pulsionnelles sont désintégrées et l'enfant ne ressent plus l'angoisse. Cela devient pathologique quand le mécanisme est utilisé de manière excessive, massive, stéréotypée. Le démantèlement semble être la base de tout ce qui a à voir avec le fait de suspendre tout lien avec l'extérieur (ressenti par exemple plus tard lors d'immersions dans des musiques très répétitives, ou dans la toxicomanie...). Cela s'observe chez l'autiste quand il coupe tout contact par son regard dans le vague, ailleurs;

    2. Identification adhésive. Forme d'identification en surface. Cela s'observe dans l'écholalie où juste la surface de l'attitude et du comportement est réutilisée. C'est vidé de sens. C'est en fait tout ce qui est de l'ordre du mimétisme, de l'accrochage à une sensation pour éviter l'angoisse de la chute (on notera par exemple le regard qui se fixe sur un point). Cela concerne le contact corporel et psychique. Le mécanisme d'identification adhésive a pour but d'éviter de disparaître.

     

     

     

    Mécanismes de défense psychotiques

     

     

     

    Forcément très archaïques, ils concernent une relation objectale non génitalisée. Ils ont souvent valeur de symptôme. Précisons que l'autisme, état le plus morbide et le plus archaïque, n'utilise aucun de ces mécanismes: c'est un état de plaisir/déplaisir de l'enfant, cristallisé de manière pathologique.

     

    1. Le clivage : c'est le premier mécanisme de défense psychotique, ou primaire. Le clivage concerne soit l'Objet, soit le Moi. Dans le clivage, l'Objet est séparé en 2 parties, bonnes ou mauvaises, ayant des destins indépendants (bon et mauvais Objet). Exemple: vivre selon la réalité et la nier complètement, une partie du Moi reconnaissant la réalité et une autre partie du Moi la niant, sans qu'il y ait d'influence d'une partie sur l'autre. Dans le clivage, on préserve le bon Objet du mauvais Objet, pour éviter la contamination. Le clivage du Moi préserve la bonne partie de soi liée à la libido, de la mauvaise partie de soi, liée à la pulsion de mort (l'ambivalence est le mécanisme qui remplace le clivage dans la névrose, car le clivage est uniquement d'ordre psychotique);

     

    1. La projection : c'est une opération psychique qui permet au sujet de localiser à l'extérieur ce qui se situe en fait à l'intérieur de lui. Il attribue donc à une autre personne les affects dont il ne peut se protéger et qu'il refuse de reconnaître en lui-même. La projection existe aussi comme mécanisme névrotique, mais avec une localisation à l'extérieur moins vitale, moins expulsive, avec un début de reconnaissance préconsciente, tandis que la projection psychotique est plus massive, systématique, comme dans la paranoïa (la paranoïa est une psychose) dont elle constitue le principal mécanisme, utilisé de façon délirante. Le sujet nie pour lui un désir intolérable et projette ce désir sur un autre;

     

    1. L'introjection : opération psychique qui permet au sujet de localiser à l'intérieur ce qui se situe en fait à l'extérieur. La tendance naturelle est d'introjecter les bons Objets à l'intérieur de soi pour fortifier son Moi. La dépression mélancolique est un contre-exemple puisque l'Objet perdu, détérioré par l'agressivité du sujet est introjecté: le sujet ressent vis à vis de lui-même les sentiments qu'il avait adressés à l'Objet, et c'est l'introjection cette fois du mauvais Objet. L'introjection est l'équivalent psychique de l'incorporation, le sujet faisant passer fantasmatiquement du dehors au dedans les Objets extérieurs et les qualités inhérentes à ces Objets. C'est un mécanisme psychotique utilisé quelquefois par la névrose;

     

    1. L'idéalisation : le bon Objet devient parfait, idéal, afin d'être préservé du mauvais Objet. C'est un mécanisme très psychotique employé aussi bien dans la schizophrénie que dans la paranoïa (pour le patient paranoïaque hospitalisé en psychiatrie, c'est souvent le médecin-chef qui est idéalisé). L'idéalisation permet de protéger le bon Objet des pulsions destructrices en amplifiant ses qualités exagérément;

     

     

    1. Le mépris de l'Objet : l'Objet est déprécié, anéanti pour se préserver de l'angoisse résultant de la perte éventuelle de cet Objet. C'est une défense maniaque (exemple: quitter la personne qu'on aime pour éviter d'être quitté);

     

    1. Le triomphe : l'Objet n'a aucune valeur en lui-même. C'est l'attitude toute-puissante du sujet sur l'Objet. Contrôle omnipotent de l'Objet. S'assimile au mépris de l'Objet;

     

    1. L'identification projective : une partie de la personnalité du sujet s'introduit fantasmatiquement dans le Moi de l'Objet pour le contrôler, lui nuire ou chercher des satisfactions qu'il suppose y être. Cette partie appartient toujours au sujet (exemple: l'identification à l'agresseur);

     

    1. L'identification introjective : une partie de la personnalité d'un autre s'introduit dans le sujet pour le contrôler, lui nuire ou chercher des satisfactions. Cette partie de la personnalité de l'autre reste une partie vivante de l'autre;

     

    1. La régression : perte des acquisitions antérieures pour retrouver un système de relation au monde extérieur plus archaïque;

    2. Le déni de la réalité : le sujet nie une partie de la réalité qui lui apporterait de l'angoisse;

    3. La forclusion : voix, idées, visions, odeurs... que le sujet ne reconnaît pas de lui et qui reviennent du dehors pour s'imposer à lui sous forme d'hallucinations. Révèle une faille dans le système symbolique, un décrochage entre signifiant et signifié. Il n'y a pas de retour du refoulé comme cela peut se passer chez le névrosé dans le lapsus ou le rêve. Dans la psychose, ce n'est pas le sujet qui se parle, mais l'Autre qui lui parle de l'extérieur.

     

    Mécanismes de défense élaborés, ou névrotiques

    1. Le refoulement : c'est un mécanisme majeur lié à la culpabilité et qui contribue à tous les autres mécanismes de défense. C'est aussi le plus complexe. Il est constitutif de l'inconscient comme domaine séparé du reste du psychisme. C'est par le refoulement que certains contenus inconscients ne parviennent jamais à la conscience, et que d'autres y retournent.

    2. Le refoulement est donc à la fois une pression/censure et un maintien. Le refoulement fait retourner à l'inconscient des représentations liées à des pulsions, et risquant de provoquer du déplaisir à l'égard du Surmoi et de la réalité extérieure.

    3.  Une représentation est refoulée quand elle subit l'attraction du noyau inconscient pathogène et l'action de la censure (refoulement originaire + censure). Ce n'est jamais la pulsion qui est refoulée, mais sa représentation (la pulsion a deux aspects: l'affect et la représentation). L'émotion (l'affect) n'est jamais refoulé. La représentation refoulée de la pulsion séjourne dans l'inconscient et va s'y organiser. Elle va ainsi effectuer un travail de déformation et d'éloignement. Elle va former des rejetons qui subiront chacun un destin particulier. La charge affective, ou affect, va se lier à l'un de ces rejetons et va tenter à nouveau d'émerger, et ce sera le retour du refoulé qui s'exprimera dans les rêves, les actes manqués, les lapsus... etc. Rien ne subsistera de la représentation première si ce n'est l'affect qui va provoquer l'angoisse. Il faut considérer le refoulement comme une étape première. Le produit refoulé (nos représentations mentales inavouables) se déverse dans le ça;

     

    1. La formation réactionnelle : c'est une attitude qui s'oppose à un désir refoulé et qui se constitue en réaction contre celui-ci. C'est donc d'abord un refoulement, puis un contre-investissement dans un élément conscient de force égale. Par exemple un adolescent est conscient de son agressivité, mais pas de sa tendresse. Il est aussi conscient de sa pudeur, mais pas de son exhibitionnisme. Il transforme ainsi quelque chose d'inacceptable en quelque chose d'acceptable (tendresse vis à vis d'un petit frère en réaction à la jalousie agressive refoulée). Autre exemple, la personne qui passe son temps à tout nettoyer, ne peut tolérer la saleté, et réagit en réaction à son désir anal, ce qui lui permet de toucher la saleté tout en respectant son Surmoi et les exigences extérieures. La formation réactionnelle concerne essentiellement la pulsion anale et ses dérivés (conformisme, propreté, honnêteté...) pour justement lutter contre (contre la saleté, contre l'avarice, contre le désordre...). Quelquefois, il y a émergence du refoulé. Dans la névrose obsessionnelle, ce mécanisme est typique, caricatural, inapproprié, pathologique. La formation réactionnelle peut être utilisée par tout le monde mais de façon adaptée, ponctuelle: c'est alors un "mécanisme de dégagement". Notons que la formation réactionnelle concerne l'attitude tandis que le renversement de la pulsion en son contraire concerne la pulsion;

     

    1. L'isolation : ce mécanisme consiste à isoler une pensée ou un comportement de son affect, de son contexte affectif. La représentation est reconnue mais ne touche pas le sujet. On retrouve ce mécanisme dans les névroses obsessionnelles, ainsi que chez les hystériques qui semblent indifférents, en réaction à une trop grande fragilité. Très souvent l'affect est dévié sur une autre représentation anodine qui deviendra obsédante (ne pas supporter par exemple le massacre des bébés phoques, et y penser sans arrêt, de façon obsédante). L'affect, qu'on ne peut pas refouler, est dévié. "Il n'a pas encore réalisé ce qui lui est arrivé" dit-on parfois de quelqu'un, sans pour autant que ce soit pathologique, mais c'est ce mécanisme de défense qui se met en place pour protéger le Moi;

     

    1. Le déplacement : l'affect associé à une représentation mentale dangereuse se détache de celle-ci pour s'investir sur une autre représentation moins dangereuse afin de se défouler;

     

    1. L'annulation rétro-active : faire en sorte que des pensées, des gestes ou des paroles ne soient pas advenues et pour cela il y a utilisation d'une nouvelle pensée ou d'un nouveau comportement ayant une signification autre ou supposée autre;

     

    1. Le retournement sur soi : processus par lequel la pulsion remplace un Objet extérieur indépendant par le sujet lui-même. La charge affective reste inchangée mais se retourne sur le sujet. L'affect est reconnu puis retourné sur la personne. Par exemple le sadisme se retourne vers soi et est appelé masochisme. Cela concerne principalement la pulsion agressive. Notons que dans l'introjection, c'est une qualité extérieure que l'on place en soi, tandis que dans ce mécanisme de retournement sur soi, l'énergie pulsionnelle appartient déjà au sujet mais au lieu de s'extérioriser, elle est retournée vers lui. Cela s'observe par exemple dans le suicide, ou dans l'auto-agressivité;

     

     

    1. Le renversement de la pulsion en son contraire : le but (et non l'objet) de la pulsion se transforme en son contraire, principalement dans le passage de l'activité à la passivité. Par exemple l'agressivité vis à vis de quelqu'un qu'on a aimé, ce qui est une façon de se détacher de la personne. Autre exemple, le voyeurisme qui se transforme en exhibitionnisme. Notons que dans le mécanisme du retournement sur soi, le voyeurisme devient du narcissisme, voyeurisme sur soi;

     

    1. La rationalisation : procédé par lequel le sujet cherche à donner une explication cohérente, logique, acceptable, morale à une attitude, un sentiment dont il ne perçoit pas les véritables motifs. Cela permet d'expliquer un fonctionnement ou un comportement autrement qu'en recourant à l'affectif, autorisant ainsi une satisfaction pulsionnelle culpabilisante. Le Surmoi cherche des appuis moraux, politiques ou religieux pour renforcer les défenses du Moi. On parle aussi d'intellectualisation, dont le but est de maîtriser en mettant à distance les affects. C'est jouer avec les mots et les idées pour mettre de côté les pulsions;

     

    1. La dénégation : procédé par lequel le sujet exprime un désir, une pensée, un sentiment jusqu'ici refoulé tout en se défendant, en niant qu'il lui appartienne. C'est une négation de précaution qui met en fait l'accent sur ce qui est important: "je vais vous dire ce que je ne suis pas" (c'est en fait ce que je suis). On présente son être sur le mode de n'être pas. Il y a une certaine acceptation du refoulé qui subsiste cependant sous la forme de négation. La dénégation est un moyen de prendre connaissance du refoulé, une sorte d'admission intellectuelle avec une inadmission affective. Le Moi est en méconnaissance dans la connaissance. Répugnance à s'identifier à ce qu'on vient de dire;

     

     

    1. La sublimation : mécanisme concernant des activités intellectuelles, artistiques ou religieuses. La sublimation porte sur les pulsions partielles libidinales qui ne parviennent pas à s'intégrer dans la forme définitive de la génitalité. Il n'y a pas de refoulement (ce n'est donc pas à proprement parler un mécanisme de défense) mais une conversion de ces pulsions dans un but non sexuel qui revalorise le sujet. La sublimation ne se fait pas sous la pression du Surmoi mais est de l'ordre de l'idéal du Moi. Il n'y a pas de culpabilité mais plutôt du narcissisme. Trois caractéristiques: déplacement d'Objet, changement de nature de la pulsion, l'Objet visé est socialement valorisé. La sublimation dévie les pulsions sexuelles vers un Objet socialement valorisé;

     

    1. L'inhibition : évitement d'une situation qui révèle en nous des pulsions pénibles.

     

    Intervention orale de Mme Huguet, novembre 1985.

     

    Écrit, complété, mis à jour par Mr D. Giffard

     

    pour le site "Psychiatrie Infirmière" :

     

     

     

    SOURCES

     

    http://psychiatriinfirmiere.free.fr/infirmiere/formation/psychologie/psychologie/mecanisme-defense.htm

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    Le harcèlement moral au sein du couple est aujourd’hui un délit puni par la loi.

    Mais où commence la violence psychologique??

      

    Les juges ne risquent-ils pas de devenir des arbitres de la vie privée ??

    Comment se faire entendre des policiers et des magistrats pas encore formés à détecter un conjoint pervers et manipulateur ??

    réponses des experts et témoignages de femmes qui se battent pour s’en sortir.

      

    La violence physique est toujours précédée de la violence psychologique

    « Chez mon ex, le pire, c’était l’incohérence, résume Karine, ex-compagne d’un responsable associatif qui n’a que les mots “paix”, “dialogue”, “négociation” à la bouche en public, alors qu’il en est incapable dans sa vie privée…

     

     

    Soudain, celui qui est censé vous aimer vous accable de reproches imprévisibles, et vous force à vous justifier de choses que vous n’avez jamais faites. Ou bien il se fiche de vous, oublie ses promesses, avec une mauvaise foi désarmante. Enfin, il retourne en permanence les responsabilités. Ainsi, si vous lui dites que ses comportements vous blessent, il vous reproche de jouer les victimes.

     

    Un jour où je le mettais en face de ses mensonges et contradictions, fou de rage et à court d’arguments, il m’a frappée. Auparavant, il arrivait qu’il se contente de faire le geste de lever la main sur moi, mais il ne m’avait encore jamais brutalisée physiquement. » Les experts sont unanimes : la violence physique, qui concerne une femme sur dix, est toujours précédée de la violence psychologique.

     

    C’est pourquoi a été votée la loi du 9 juillet 2010, qui institue un délit de harcèlement moral au sein du couple, sur le modèle du harcèlement moral en entreprise.

    Par Corine Goldberger

      

    Qu’il soit physique ou psychologique, le harcèlement peut avoir des conséquences dramatiques sur les victimes. Pourtant, la justice française se retrouve encore aujourd’hui souvent pantoise face à des cas de harcèlement psychologique.

     

    Comment prouver que l’on est victime de harcèlement psychologique ? Comment convaincre les tribunaux qu’une femme est soumise quotidiennement à une pression mentale de la part de son mari ?

    Et que faire face à un inconnu qui ne cesse d’envoyer des lettres et de passer des coups de fil anonymes ?

    Bien que le harcèlementexiste sous de multiples formes, la violence psychologique n’est aujourd’hui que rarement traitée au sein des cours de justice françaises.

     

    Harcèlement psychologiques : la violence au sein du couple

     

    Souvent classées sans suite par manque de preuves concrètes, les affaires de harcèlement psychologique au sein du couple sont pourtant réglementées par la loi. Emprisonnement, amende ou encore dommages et intérêts… harceler son conjoint est reconnu comme étant un acte illégal et répréhensible. Mais encore faut-il pouvoir prouver la culpabilité du harceleur, généralement trop manipulateur pour laisser des preuves évidentes.

      

    De nombreuses femmes restent alors sous l’emprise de leur harceleur, incapables de prouver la situation dans laquelle elles se trouvent.

     

     

    Harcèlement psychologique : le stalking

     

    Autre forme de harcèlement psychologique : le stalking. Contrairement à la violence psychologique au sein du couple, aucun véritable recours juridique n’est prévu en cas de stalking. Cette forme de harcèlement qui frappait dans le passé surtout les stars, est aujourd’hui le quotidien de nombreuses femmes, recluses dans la peur et sans aucune marge de manœuvre.

      

    Envoi régulier de sms ou de lettres anonymes, coups de fil au milieu de la nuit, petits cadeaux morbides placés dans la boîte aux lettres ou encore menaces prononcées à demi-mot… il existe autant de forme de stalking que de stalker.

    Ce dernier peut être un collègue de travail, un inconnu croisé dans la rue ou encore un voisin malveillant. Face à ce type de harcèlement psychologique, les victimes ne peuvent que porter des mains courantes, et attendre que leur bourreau se lasse de la situation.

     

      

    Peu de condamnés pour l'instant

    Reste qu’il est difficile de prouver une violence ne laissant pas de traces et s’exerçant souvent en l’absence de témoins. Mais pour les juristes, la difficulté de prouver n’est pas un bon alibi à l’inaction.

      

    Depuis 2000 existe une loi similaire, qui punit le harcèlement moral au travail, et que personne ne remet en cause, même si le délit est compliqué à démontrer.

      

    « La réalité des violences psychologiques répétées pourra être démontrée par un faisceau de preuves, explique l’avocate Yael Mellul : des témoignages de proches, à quoi s’ajouteront des certificats médicaux délivrés après une dépression, une ou des tentatives de suicide dues aux comportements du conjoint.

     

    Dans le dossier, également, tous les mails, SMS ou lettres bourrés d’insultes, et des enregistrements quand c’est possible. »

      

    Vous avez un tyran à domicile ? Archivez, archivez

     

    Mais un dossier consistant suffira-t-il à convaincre les juges ? Côté justice civile, Maître Yael Mellul, qui a une cinquantaine de dossiers en cours, n’est pas optimiste :

      

    « Des commissariats refusent de recueillir les plaintes, et c’est difficile de faire comprendre le concept de violence psychologique à des juges aux Affaires familiales (JAF) non formés. J’assiste des clientes à qui on reproche de ne pas avoir assez de revenus pour conserver la garde de leurs enfants, or souvent, pour la piéger, le pervers a poussé sa femme à cesser de travailler. »

     

    Jusqu’ici, peu de décisions ont été rendues au nom de la nouvelle loi. A ce jour, plusieurs affaires sont en cours d’instruction. Ainsi, Maître Mellul a déposé plainte pour violence psychologique à la suite du suicide d’une femme.

      

    « A ce titre, j’ai été auditionnée, en juin dernier, par la Commission sur l’égalité des chances pour les femmes et les hommes de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. J’ai évoqué l’idée, qui a été retenue, selon laquelle violence psychologique égale meurtre psychologique. »

     

    Avocat à Strasbourg, Laurent Hincker est déçu :

      

    « En France, on est les champions pour faire des lois, pas pour les faire appliquer. Chez le JAF, nous avons plaidé trois fois la violence psychologique, et demandé une ordonnance de protection visant à expulser un conjoint dangereux ; à chaque fois on nous l’a refusée. » Afin d’évaluer l’application de la nouvelle loi, une commission, présidée par les députés Danielle Bousquet et Guy Geoffroy, déjà rapporteurs du texte en question, a été mise sur pied à l’Assemblée nationale, en juin dernier. « Il faudra sans doute trois ou quatre ans avant de disposer de bonnes décisions qui feront jurisprudence, estime maître Hincker.

      

    Rappelons-nous : six ans pour obtenir une décision de la Cour de cassation, en 2008, sur le harcèlement moral en entreprise… »

    Par Corine Goldberger

     /3

    Une avancée pour les enfants aussi

    « Je l’ai affiché dans ma chambre, au cas où “Super-taré” reviendrait me pourrir la vie, sourit Armelle, qui se réjouit que les ex (maris, concubins ou pacsés) soient également concernés.

      

    Je connais la peine encourue par cœur : article 222-33-2-1 du code pénal. » Le harcèlement moral au sein du couple est puni de trois à cinq ans d’emprisonnement et de 45 000 € à 75 000 € d’amende, selon la gravité du dommage.

      

    Pour la psychiatre Marie-France Hirigoyen, qui a réveillé d’innombrables femmes avec son livre « Femmes sous emprise, les ressorts de la violence dans le couple »*, « c’est une avancée importante, car l’existence de la loi aidera désormais les femmes à mettre des mots sur l’intolérable et à réagir bien plus tôt. C’est très bien aussi pour les enfants, témoins des scènes et autant -affectés que ceux qui voient leur mère se faire battre. »

     

    Mais la nouvelle loi inquiète. En première ligne, les pères divorcés, qui craignent un détournement de la loi par des mères voulant les séparer de leurs enfants. Car ce nouveau délit induit l’appréciation subjective des juges : comment faire la preuve d’une « violence psychologique » ? Et d’ailleurs, où est la limite entre banale scène de ménage et harcèlement moral ?

    « Dans une scène, la colère peut nous faire déraper, mais habituellement, ces excès qui dépassent souvent la pensée sont occasionnels et/ou suivis de regrets ou d’excuses, poursuit la psychiatre.

      

    Il y a une sorte de mode d’emploi tacite de la dispute, chacun connaissant les limites à ne pas dépasser. Alors que dans la violence psychologique, il ne s’agit pas d’un dérapage ponctuel, mais d’une façon habituelle de l’un des deux de dominer et de toucher là où ça fait mal, l’autre étant considéré comme un objet. »

     

    La crainte est que les tribunaux rendent des jugements tous différents, selon l’opinion de chaque juge et le talent des avocats.

     

    Autre inquiétude : que le délit de violence psychologique tende à « judiciariser » les rapports privés, établissant une sorte de police de l’intimité.

      

    Pour les partisans de la loi, il n’est nullement question pour la police et la justice de s’immiscer dans l’intimité des couples, mais d’intervenir lorsque des faits graves et répétés menacent la santé mentale des victimes.

     

    Dernière objection : la nouvelle loi pourrait faire le jeu des conjoints violents. Lorsqu’une femme portera plainte pour violences, l’époux, le concubin ou l’ex déposera tout de suite plainte, préventivement, pour « violences psychologiques ».

      

    Déjà, au pénal, en cas de non-lieu ou de classement sans suite, des ex n’hésitent pas à poursuivre leur victime, ses témoins ou le psy qui a rédigé le certificat médical, pour dénonciation calomnieuse. Et ça marche… Les manipulateurs sont orfèvres dans l’art de se faire passer pour les victimes.

    « Croyant avoir affaire à un conflit parental classique, les acteurs sociaux, policiers, juges, etc., se laissent abuser, déplore la docteure Geneviève Reichert-Pagnard, auteure d’un roman** qui déroule le processus de destruction. Ils ne comprennent pas que ces manipulateurs destructeurs sont des psychopathes.

      

    Pire : faute de connaître les phénomènes d’emprise sur les victimes, ils culpabilisent des femmes déjà démolies : "Si vous êtes restée aussi longtemps avec lui, c’est que vous y trouviez votre compte.»

    Ce qui est dommage, car la violence psychologique est d’autant plus facile à identifier que les comportements des manipulateurs sont stéréotypés.

     

     

    * Oh Editions

    ** « Crimes impunis, ou Néonta : histoire d’un amour manipulé » (éd. Prime Fluo) et auteure des « Relations toxiques » (éd. Ideo).

    Par Corine Goldberger
    Par marie claire

     

     

    réponse d'une intervenante

    je vous rejoins parfaitement dans cette expression de la galère des femmes Valérie.
    J'ai vécu cette expérience douloureuse d'élever seule un enfant issu de ce couple défectueux.
    Elle a 18 ans à présent.


    Oui ça a été l'Evrest, c'est certain. Je me suis confrontée à une justice inique, qui fuit le problème.

    Les juges pour enfant reconnaissent la pathologie du père mais ajoutent qu'ils n'ont pas le pouvoir et prétendent que le juge aux affaires familiales va forcément régler le problème en supprimant les droits de visite.

      

    Mais dans la réalité ce que j'ai constaté c'est que chacun se refile la patate chaude. les juges aussi ont peur, sans compter que parfois ils soutiennent ces pères abusifs parce qu'ils appartiennent à la même caste déjantée sexuellement, ils ont le pouvoir et en abusent tranquillement dans l'indifférence générale.


    J'ai bien souvent ressenti cette solitude face au système. Officiellement il existe des lois et des sanctions protéger les enfants et pour cadrer les parents abusifs sexuellement et psychologiquement, mais dans les faits j'ai vécu une triste réalité. Un vrai parcours du combattant pour mettre ma fille en sécurité.

    La justice est livrée à l'interprétation des juges, tout puissant dans leur baronnie; les services sociaux sont limités par des moyens dérisoires, il suffit à un père d'aller dans le département voisin pour mettre en échec le suivi des services sociaux qui n'ont pas les moyens financiers suffisants pour aller visiter le père pendant qu'il exerce son droit de visite le WE. sans compter les alliances maléfiques.


    cependant, j'ai testé qu'avec acharnement, la mise en sécurité à été possible.


    je veux donc encourager les mères à se battre pour que la sécurité de leur enfant soit effective.
    oui le parcours est ingrat, mais les leviers d'efficacité existent, des bons avocats, cela existent, ceux qui ne recésulent pas et qui se battent aux cotés de juges qui veulent également croire encore à leur métier.


    Il faut également prendre en compte les déménagements nécessaires pour aller là où on accepte d'écouter les enfants et les mères.

      

    En France la justice n'est pas du tout rendue de la m^me façon selon la région et la ville
    Courage.


    Il ne faut pas nier que votre vie sera marquée à tout jamais,, cependant vous pourrez également voir le bout du tunnel et vous réjouir de voir vos enfants réussir leur vie et faire les bons choix, vous pouvez aussi être source d'encouragement pour beaucoup, il y a tant à faire

     

     

     

     

     

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    Un récit tellement puissant qu'il parvient à faire oublier le fait divers qui lui fournit son canevas

    (MARS DISTRIBUTION)

     

    Avec son adaptation sur les écrans de la saga judiciaire Le Roux-Agnelet, André Téchiné réussit un coup de maître. Le film incandescent ne prétend jamais à une quelconque vérité. Mais, il révèle et sublime Adèle Haenel qui campe l'héritière assassinée par son amant. Critique amoureuse de notre contributrice cinéphile Claire Micallef

     

    L'évidence s'imposait après "La fille du RER", plus encore dans "L'homme qu'on aimait trop" : les faits divers sont particulièrement solubles dans l'univers d'André Téchiné.

     

    L'affaire Le Roux-Agnelet, qu'il s'attache à explorer dans son dernier film présenté hors compétition à Cannes, lui fournissait déjà une matière remplie de brèches, de trous d'air, propre à être transcendée par le souffle romanesque qui habitait ses précédentes réalisations.

     

    Une insaisissable vérité

     

    "L'homme qu'on aimait trop" se présente d'ailleurs comme "une œuvre de fiction inspirée de faits réels". Le scénario, co-écrit avec Jean-Charles le Roux, témoigne d'un désir d'approcher au plus près la réalité des faits.

     

    On aurait pu craindre une écriture binaire, martelant en sourdine les chefs d'accusation contre Maurice Agnelet. Au contraire, le film de Téchiné ne prétend jamais à une quelconque vérité.

     

    Comme pour figurer cette vérité impalpable, la caméra, toute en souplesse et en louvoiement, s'attarde sur un des personnages pour immédiatement bifurquer sur un autre.

     

    Le terreau d'une histoire forte

     

    En remontant aux racines de l'affaire Agnelet/Le Roux et en achevant son film sur le premier procès dont Agnelet sortit blanchi, Téchiné orchestre un récit d'une puissance et d'une magnitude telles, qu'il parvient presque à faire oublier le faits divers qui lui fournit son canevas.

     

    Seule la dernière partie du film qui se déroule au tribunal vingt ans après les faits fleure un peu trop la reconstitution soignée pour ne pas nous rappeler la réalité tragique de cette affaire qui continue, encore aujourd'hui, de défrayer la chronique.

     

    Fin des années 1970. Maurice Agnelet, un jeune avocat arriviste à la réputation sulfureuse s'occupe des affaires de Renée Le Roux, sa cliente, une richissime matrone de la Côte d'Azur. "L'homme qu'on aimait trop" s'articule sur deux intrigues qui vont inextricablement se lier et contribuer à précipiter la déchéance de la mère et la détresse de la fille.

     

    Une fille, Agnès, qui revient tout juste divorcée, après des années passées en Afrique, réclamer sa part d'héritage pour ouvrir une librairie et qui tombe rapidement dans les filets d'Agnelet. Une liaison toxique s'établit entre l'héritière peu farouche et l'avocat aux multiples maîtresses pendant qu'un Italien véreux, plus ou moins lié à la mafia, multiplie les menaces à l'encontre de Renée Le Roux pour s'emparer du casino du Palais de la Méditerranée qu'elle administre.

     

    Profitant des rapports houleux entre mère et fille, Agnelet va, sans grand effort, amener Agnès à se liguer contre sa mère et détourner à son profit la part d'héritage de la jeune femme, qui disparaît soudainement.

     

     

     

     

    Une réalisation diffuse

     

    Au rythme des cigales et sous les auspices d'un soleil aussi insinuant et aveuglant que le personnage d'Agnelet, Téchiné déroule les pleins et les déliés de cette tragédie qui oscille entre coups d'éclat et toxicité sourde.

     

    La force du réalisateur de "Ma saison préférée" est de ne jamais rien appuyer, de préférer l'implicite à l'explicite. Il autopsie et dénoue de manière diffuse, presque impalpable, la mécanique de la manipulation, rendue d'autant plus discrète par les traits quasi-angéliques de Guillaume Canet.

     

    Avec sa diction presque automatique, qui sied particulièrement bien à ce personnage de pervers narcissique, Canet compose un Agnelet insondable, tout en intériorité.

     

    Adèle Haenel et Catherine Deneuve, deux actrices au sommet

     

    Il est cependant écrasé par deux actrices hors pair : au premier chef Adèle Haenel qui campe cette héritière fougueuse et obstinée avec une intensité telle qu'elle ne cesse d'électriser le regard et, bien sûr, une Catherine Deneuve au sommet qui dévoile petit à petit, avec une grande subtilité, les fêlures de cette mère cinglante et implacable, prête, après la disparition de sa fille à remuer ciel et terre pour faire inculper Agnelet et à retrouver le corps de sa fille pour lui donner une digne sépulture.

     

    Il faut la voir cette Renée Le Roux vieillissante, incarnée par une Deneuve grimée pour donner l'illusion de vingt ans écoulés, aller témoigner à la barre, claudicante, avec une détermination et une abnégation admirables dans une des scènes les plus poignantes du film.

     

    Scènes feutrées et incandescentes

     

    De ce tourbillon romanesque fait de scènes tour à tour feutrées et incandescentes qui forment la courbe sismique de "L'homme qu'on aimait trop" (et plus généralement de la plupart des films de Téchiné), on retiendra les scènes d'amour, magnifiques, dans une campagne irradiée de soleil mais surtout celle où Adèle Haenel fait vibrer son corps au son d'une musique africaine sous le regard mi-désirant, mi-détaché, de celui qui la perdra.

     

    Le film trouve son équilibre entre ces moments de sensualité brute et les scènes où éclatent la dureté et la froideur qui gouvernent les rapports familiaux et sociaux, gangrénés par l'argent et l'intérêt.

     

    Après avoir sublimé Venise dans "Impardonnables", Téchiné filme somptueusement la côte et l'arrière-pays Niçois. L'ampleur de ses plans vient redoubler la puissance de son récit.

     

    Nature luxuriante, personnages "téchiniens" torturés et complexes, "L'homme qu'on aimait trop" réussit admirablement à transmuter son matériau de faits divers en un drame fougueux, sinueux qui consacre définitivement Adèle Haenel comme une des plus grandes actrices de sa génération.

     

    SOURCES

     

     

     

     

     

     

     

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